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Drogues à l’adolescence en 2005 - Niveaux, contextes d’usage et évolutions à 17 ans en France - Résultats de la cinquième enquête nationale ESCAPAD - Sommaire + synthèse
Rapport de Ms LEGLEYE Stéphane, SPILKA Stanislas, LE NEZET Olivier
jeudi 14 juin 2007, par
> le texte du rapport ci-dessous en .pdf
Consommation de tabac à 17 ans en 2005
Synthèse
1. Niveaux d’usage et diffusion de l’expérimentation
2. Scolarité, conditions de vie et loisirs
3. Evolutions entre 2000 et 2005
Bibliographie
Consommation d’alcool à 17 ans en 2005
Synthèse
1. Niveaux d’usage
2. Scolarité, conditions de vie et loisirs
3. Evolutions entre 2000 et 2005
Bibliographie
Consommation de cannabis à 17 ans en 2005
Synthèse
1. Niveaux d’usage
2. Conduite automobile et contexte de consommation
3.
Scolarité, conditions de vie et loisirs
4. Evolutions entre 2000 et 2005
Bibliographie
Consommation de médicaments psychotropes à 17 ans en 2005
Synthèse
Préambule
1. Niveaux d’usage
2. Scolarité, conditions de vie et loisirs
3. Types de médicaments pris la dernière fois et profils des consommateurs
Bibliographie
Consommation des autres produits psychoactifs à 17 ans en 2005
Synthèse
1. Niveaux d’usage
2. Scolarité, conditions de vie et loisirs
3. Evolutions entre 2000 et 2005
Synthèse du rapport ESCAPAD 2005
Mai 2007
Chapitre tabac
En 2005, plus de sept adolescents de 17 ans sur dix déclarent avoir déjà fumé une cigarette au cours de leur vie, et un tiers dit en fumer quotidiennement. Plus des deux tiers des fumeurs
quotidiens consomment moins de 10 cigarettes par jour, alors que près d’un sur quatorze
(7 %) en fume plus de vingt. Le tabac reste le produit psychoactif dont les consommations
sont les moins sexuées et dont l’expérimentation est la plus précoce (13,4 ans en moyenne).
Les fumeurs quotidiens sont proportionnellement plus nombreux parmi les jeunes inscrits en
filière d’apprentissage, qui ont quitté l’école au moment de l’enquête ou encore dont le
parcours a été ponctué de redoublements. Sur le plan familial, ils apparaissent également
proportionnellement un peu plus nombreux parmi les jeunes issus des familles aisées, parmi
ceux dont les parents ne vivent pas ensemble ou encore parmi ceux qui ne résident pas au
foyer familial pour leurs études.
La sociabilité est un élément majeur de compréhension du tabagisme : la fréquence des
contacts amicaux et des sorties festives est très fortement associée à la consommation
quotidienne.
Tous les indicateurs de consommation de tabac sont en baisse continue entre 2000 et 2005, y
compris l’expérimentation. En revanche, cette expérimentation apparaît tendanciellement plus
précoce d’année en année sur la période.
À la suite des dernières fortes hausses du prix du tabac survenues en 2004, les fumeurs
déclarent avoir modifié leurs comportements de consommation ou leurs modes
d’approvisionnement. Les arrêts sont relativement rares, mais les tentatives d’arrêt ou de
diminution sont courantes, ainsi que les stratégies de contournement du renchérissement du
produit par la substitution de tabac à rouler, de cigarettes moins chères ou bien achetées à l’étranger, aux marques habituelles.
Chapitre alcool
En 2005, l’expérimentation d’alcool est déclarée par un peu plus de neuf jeunes de 17 ans sur
dix. L’usage régulier concerne 12,0 % des jeunes et l’usage quotidien, 1 %. Les garçons
s’avèrent plus souvent consommateurs que les filles, et ce quel que soit le niveau d’usage
déclaré. Près de six jeunes sur dix déclarent avoir déjà été ivres au cours de leur vie, près d’un
sur deux au cours des douze derniers mois, et près d’un sur dix au moins dix fois au cours de
cette même période. Là encore, les garçons sont plus souvent concernés que les filles. L’âge
moyen lors de la première ivresse est 15,1 ans, les garçons restant légèrement plus précoces
que les filles.
Les niveaux de consommation d’alcool, y compris pour l’expérimentation, sont en diminution
depuis 2003, alors que l’on observe l’inverse pour les ivresses. Ceci suggère un changement
dans les modes de consommation ou les perceptions de l’ivresse alcoolique ces dernières
années, changement qui demande à être confirmé par l’exercice suivant d’ESCAPAD.
Les alcools les plus souvent choisis (parmi une liste de 13 alcools) par le plus grand nombre
de consommateurs au cours des au cours des trente derniers jours sont les alcools forts, la
bière, les prémix, le vin et le champagne. Parmi ces derniers les alcools forts et la bière
apparaissent comme des boissons nettement plus masculines.
À 17 ans, la consommation a surtout lieu le week-end, entre amis, dans des occasions festives,
la plupart du temps dans un domicile privé, un peu plus rarement dans des débits de boisson.
Les buveurs réguliers d’alcool sont proportionnellement plus nombreux parmi les jeunes au
parcours scolaire difficile (redoublement, orientation précoce en filières courtes ou
professionnelles…) ou ceux qui sont sortis du système scolaire. La désunion parentale, ou
bien le fait de décohabiter sont également associés à des consommations plus fréquentes. Du
point de vue socio-économique, c’est toutefois au sein des familles favorisées que les
consommateurs sont les plus nombreux.
Enfin, les consommations comme les ivresses apparaissent très fortement associéesà l’intensité de la sociabilité, confirmant le caractère majoritairement festif et convivial des
pratiques adolescentes. Toutefois, les consommations à risque ne sont pas rares. Ainsi, près de
quatre garçons et deux filles sur dix qui déclarent avoir consommé de l’alcool au cours des
trente derniers jours disent également avoir conduit au moins une fois au cours de l’année un
deux roues après l’absorption de plus d’un verre d’alcool.
Chapitre cannabis
En 2005, près de la moitié des jeunes de 17 ans disent avoir déjà fumé du cannabis au cours
de leur vie et quatre sur dix en ont fumé au cours des douze derniers mois. Au cours des trente
derniers jours, plus d’un quart en ont fumé au moins une fois, plus d’un sur dix au moins dix
fois et un sur vingt quotidiennement. L’écart entre les sexes est important et augmente avec
l’élévation des fréquences même s’il s’avère moindre que ceux observés pour les usages
d’alcool, les ivresses ou les autres drogues illicites. En moyenne, l’expérimentation a lieu au
tout début de la quinzième année, sensiblement au même moment que la première ivresse
alcoolique.
Même s’il est difficile d’apprécier avec fiabilité l’intensité de la consommation par le nombre
de joints fumés, une question interrogeant sur le nombre de joints fumés (sans plus de
précision) lors de la dernière consommation permet de montrer que globalement dans près de
la moitié des cas, les fumeurs au cours des trente derniers jours déclarent avoir fumé un joint
ou moins, et sept sur dix deux joints ou moins. Les consommateurs les plus fréquents,
réguliers ou quotidiens, consomment généralement nettement plus que les autres : près de
trois fumeurs réguliers sur dix déclarent cinq joints ou plus la dernière fois.
L’analyse des questions renseignant le contexte de la dernière consommation montre que
celle-ci a très souvent lieu en groupe, en extérieur ou dans un domicile privé. Comme pour les
usages d’alcool et de tabac, la sociabilité s’avère être un facteur fondamental d’interprétation
des usages, comme le souligne le fait que la quasi-totalité des consommations ont lieu en
présence d’amis.
Certaines consommations apparaissent plus souvent à risque que d’autres, notamment parce
qu’elles sont suivies de la conduite d’un deux-roues motorisé : de telles consommations sont
déclarées par un quart des fumeurs de cannabis au cours des douze derniers mois et un tiers
des fumeurs au cours des trente derniers jours.
Près de sept consommateurs de cannabis au cours des douze derniers mois sur dix disent avoir
eu « en général » recours au don au cours de la période pour s’approvisionner, quatre sur dixà l’achat et moins d’un sur dix à l’autoculture, le reste ayant utilisé un autre moyen. Le don est
plus fréquent parmi les filles, mais les achats et l’autoculture le sont davantage parmi les
garçons. Les modes d’approvisionnement varient avec le niveau de consommation déclaré :
plus celui-ci est élevé, plus la contribution du don s’amenuise au profit de celles de l’achat et
de la culture.
Le profil socio-économique des consommateurs de cannabis apparaît proche de celui des
consommateurs de tabac et d’alcool. L’usage régulier de cannabis est plus répandu parmi les
jeunes dont le parcours scolaire est ponctué de redoublements ou parmi ceux qui sont
actuellement dans un cursus professionnalisant ou qui ont quitté le système scolaire. Il est également plus répandu parmi les jeunes qui ne vivent pas au foyer familial ou parmi ceux
dont les parents ne vivent pas ensemble. Enfin, il est nettement lié à un milieu familial
favorisé sur le plan économique.
Dans l’ensemble de la population, l’expérimentation et la consommation de cannabis n’ont
cessé de croître régulièrement depuis le début des années 1990. Toutefois, on a observé, entre
2002 et 2003, un retournement de tendance parmi les jeunes de 17 ans, avec une baisse du
niveau d’expérimentation et une certaine stabilisation du niveau d’usage régulier, tendance qui
reste à confirmer dans les enquêtes ultérieures. Parallèlement, l’expérimentation semble être
devenue légèrement plus précoce, passant de 15,3 ans en 2000 à 15,1 ans en 2005.
Chapitre médicaments psychotropes
En 2005, un cinquième des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà pris des « médicaments pour
les nerfs, pour dormir » au cours de leur vie. La consommation au cours des douze derniers
mois concerne un jeune sur six (16 %) et celle au cours des trente derniers jours d’un jeune
sur dix. Les « médicaments pour les nerfs, pour dormir » constituent la seule catégorie de
substance plus souvent consommée par les filles que les garçons. L’expérimentation de ces
produits a lieu en moyenne vers le début de la quinzième année, les garçons apparaissant plus
précoces, malgré leurs consommations plus rares.
L’usage de ces médicaments se révèle parfois lié à des problèmes de santé psychologique ou
des consommations de soins afférentes déclarés par ailleurs dans le questionnaire, ce qui
souligne leur caractère « thérapeutique » et fréquemment médicalisé. Une question posée pour
la première fois en 2005 permet de décrire la nature des médicaments pris lors de la dernière
consommation au cours des trente derniers jours. L’analyse montre qu’il s’agit, dans 52 % des
cas où la précision a été apportée par le répondant, de médicaments psychotropes proprement
dits et dont l’obtention est soumise à prescription : anxiolytiques (30 %), hypnotiques (13 %),
antidépresseurs (7 %), les neuroleptiques représentant seulement 2 % du total, comme les
benzodiazépines, les thymorégulateurs étant encore plus rares. Les autres types de « médicaments pour les nerfs, pour dormir » cités par les adolescents sont la phytothérapie
(32 % du total), l’homéopathie (5 %), puis viennent des produits stupéfiants (2 %), et enfin
ceux qu’il n’a pas été possible de classer (8 %).
Les usages des « médicaments pour les nerfs, pour dormir » au cours des trente derniers jours
n’apparaissent pas liés au parcours social, contrairement à ce que l’on observe pour les autres
produits psychoactifs, mais de la même manière, ils apparaissent liés à la décohabitation du
répondant ainsi qu’à la désunion parentale. Leur usage apparaît plus rare parmi les couches
sociales les moins favorisées. Le profil sociodémographique des jeunes ayant consulté un
spécialiste de santé mentale au cours des douze derniers mois est très proche de celui des
consommateurs de « médicaments pour les nerfs, pour dormir » au cours des trente derniers
jours.
Malgré la différence de nature entre les usages de produits psychoactifs et de médicaments
pour les nerfs, pour dormir, l’analyse laisse apparaître un lien similaire entre ces différentes
pratiques et l’intensité des sorties amicales, en particulier dans les débits de boisson.
Chapitre drogues illicites hors cannabis et produits détournés
En 2005, à l’exception du cannabis, les produits illicites ou détournés les plus fréquemment
expérimentés sont les poppers (5,5 %), les champignons hallucinogènes, les produitsà inhaler et l’ecstasy (près de 3,5 %), puis la cocaïne et les amphétamines (près de 2,5 %), le
LSD (1,1 %), puis le crack, l’héroïne (0,7 %) et enfin le GHB, la kétamine et le Subutex®,
en deçà de 0,5 %. Globalement, 12,3 % des jeunes de 17 ans disent avoir consommé dans
leur vie au moins un de ces produits. Leurs usages au cours des trente derniers jours ne
dépassent 1 % que dans le cas des poppers et de l’ecstasy (1,4 %). Tous sont
proportionnellement plus répandus parmi les garçons que les filles.
Trois produits ont fait l’objet d’une investigation plus poussée. Les expérimentations
d’ecstasy, de cocaïne et d’héroïne apparaissent ainsi fortement liées au parcours scolaire, à la
désunion parentale et à la décohabitation du jeune. En revanche, si les expérimentations
d’ecstasy et de cocaïne sont plus répandues parmi les jeunes issus de milieux familiaux
favorisés, celle d’héroïne apparaît similaire dans tous les milieux sociaux.
Les facteurs associés des expérimentations des drogues illicites ou des produits psychoactifs
détournés hors cannabis ne se distinguent donc pas nettement de ceux des produits
psychoactifs licites ou du cannabis. Il en va de même pour le lien avec la sociabilité.
Toutefois, l’héroïne apparaît une nouvelle fois à part, puisque son expérimentation n’est que
très faiblement liée à l’investissement dans les sorties amicales, au contraire de celles
d’ecstasy et surtout de cocaïne.
Les expérimentations de la plupart de ces produits ont vu leur niveau progresser depuis 2000, à l’exception de celles du LSD, de l’héroïne et du crack, dont le niveau en 2005 comme en
2000, se situe en deçà de 1 %, et celle des produits à inhaler, dont le niveau qui avait
augmenté entre 2000 et 2002, a depuis diminué pour se rapprocher de celui de 2000. Le
niveau de la cocaïne a presque triplé sur la période, celui des amphétamines a fait plus que
doubler et les poppers ont connu une hausse notable entre 2003 et 2005, pour devenir les
produits les plus expérimentés à la fin de l’adolescence.

